Presse
Communiqué de presse 04.02.2026

Un exercice de protection de la population plutôt qu’un simple test des sirènes, la Suisse doit simuler l’état d’urgence.

Le test national annuel des sirènes permet de vérifier si les systèmes d’alarme fonctionnent en cas d’urgence. Cependant, ce test est insuffisant : la population ne doit pas seulement entendre les sirènes, mais aussi savoir concrètement quoi faire dans différentes situations de crise. Les Jeunes Libéraux-Radicaux demandent donc de transformer un futur test des sirènes en un exercice de protection de la population à l’échelle nationale.

L’insouciance appartient au passé : exigence de 2 % du PIB pour l’armée

La situation sécuritaire en Europe est sous une pression massive. Le gouvernement américain laisse planer de plus en plus de doutes quant à son soutien militaire à l’Europe en cas d’urgence. C’est d’autant plus grave que l’Europe, et en son cœur la Suisse, a négligé pendant des années de mettre en place une infrastructure de sécurité suffisante. Au vu de la situation politico-sécuritaire, la Suisse doit changer radicalement de braquet : premièrement, il faut des dépenses supplémentaires substantielles pour la sécurité, à savoir au moins 2 % du PIB d’ici 2030. Deuxièmement, la population doit s’exercer concrètement au cas de guerre, malheureusement de plus en plus probable.

S’exercer avant qu’il ne soit trop tard : un exercice de protection de la population est nécessaire

C’est un fait : l’infrastructure de protection existante en Suisse, avec ses abris privés et publics, constitue le pilier central de la protection de la population contre les effets d’un conflit armé. Cependant, il existe déjà des lacunes considérables au niveau conceptuel, notamment dans le domaine des évacuations à grande échelle. En amont d’un exercice de protection de la population, les activités de planification pour la préparation aux situations de crise doivent donc être intensifiées. Cela vaut d’autant plus que le Conseil fédéral doit lui-même constater qu’il « subsiste des lacunes de planification, par exemple pour l’évacuation d’institutions particulières ou en cas de conflit armé ».

Outre le niveau conceptuel, une mise en œuvre sans faille est décisive et doit être exercée en conséquence. Jonas Lüthy, Président des Jeunes Libéraux-Radicaux Suisse, déclare : « Nous devons regarder la réalité en face, le risque d’un conflit armé a considérablement augmenté. Pour garantir la sécurité de la population en cas d’urgence, les scénarios d’évacuation doivent être planifiés et exercés de manière intensive. Un exercice de protection de la population coordonné et à grande échelle apporterait une réelle plus-value pour l’efficacité dans des cas de crise tels qu’un conflit armé ». Jonas Lüthy poursuit : « Il est inacceptable que les abris existants ne suffisent plus à protéger la population en cas de conflit armé. Le monde politique doit agir et mettre en place d’autres installations de protection. »

Protéger ce qui compte : la protection civile doit être réformée

Un regard sur les conflits modernes montre la fonction importante de la protection civile (PC) dans le contexte d’affrontements militaires. Or, la protection civile suisse est actuellement mal préparée à de telles situations. Outre les déficits au niveau des effectifs ainsi que des ressources financières et matérielles, l’orientation fondamentale de la protection civile est erronée. En de nombreux endroits, elle sert principalement d’organisation d’aide pour des manifestations sportives ou d’autres « interventions en faveur de la collectivité » au lieu de former une organisation de crise résiliente. Il faut corriger cet état de fait. La protection civile doit évoluer pour devenir une organisation de crise percutante et opérationnelle.

Se préparer tant que nous le pouvons : la Suisse doit devenir résistante aux crises

Pendant ce temps, la volonté politique manque pour accorder la priorité nécessaire à la sécurité de la population suisse. Cela doit changer. L’époque du minimalisme en matière de politique de sécurité est révolue. Nous devons nous préparer pour que la Suisse tienne bon le moment venu. Continuer comme avant ne doit pas être une option.