Sécurité
Garantir la sécurité est la mission principale d’un État libéral. Elle constitue le fondement indispensable d’un ordre libre, protège la coexistence pacifique et se porte garante de la stabilité économique.
La guerre d’agression russe contre l’Ukraine marque un tournant pour l’ordre de paix européen. Les certitudes d’hier sont ébranlées, la loi du plus fort refait surface, et la puissance militaire revient au centre des préoccupations étatiques. Face à ces bouleversements de l’échiquier politique mondial, les Jeunes Libéraux-Radicaux Suisse appellent à une nouvelle politique de sécurité. La Suisse doit être capable de mener une guerre, pour que nous n’ayons jamais à la faire.
Augmenter le budget de la défense à 2 % du PIB
Ces dernières décennies, la Suisse a largement profité des soi-disant dividendes de la paix. Depuis la fin de la guerre froide, les dépenses militaires ont été réduites, passant de 1,35 % à un misérable 0,74 % du PIB (1990 contre 2023). La politique de coupes budgétaires systématiques du monde politique suisse a conduit à ce qu’aujourd’hui, l’armée suisse ne soit dotée d’un équipement adéquat ni sur le plan technologique ni sur le plan matériel. La capacité de défense tant invoquée de la Suisse s’est transformée en coquille vide, elle existe tout juste sur le papier, mais pas dans la réalité.
Les Jeunes Libéraux-Radicaux exigent donc une augmentation progressive et durable du budget de la défense. Dans un premier temps, ce budget doit être porté à au moins 2 % du PIB d’ici 2030, afin de combler les lacunes en matière de capacités et de procéder à des acquisitions stratégiques. Il est cependant tout aussi clair que le rétablissement de notre capacité de défense ne doit pas être financé par de nouveaux impôts. L’argent est disponible dans les caisses de la Confédération, c’est le courage politique qui fait défaut. Quiconque continue d’injecter des milliards dans des subventions douteuses tout en rechignant à financer l’armée agit de manière irresponsable. Qu’il s’agisse de romantisme redistributif de gauche ou de clientélisme agricole, tout le monde doit accepter que les dividendes de la paix ne peuvent plus être distribués. Il faut désormais fixer des priorités claires. La sécurité avant tout. Le statu quo n’est plus une option.
Défense sol-air : un « Dôme de fer » pour la Suisse
La guerre moderne s’est transformée, comme l’illustrent de manière frappante divers conflits récents. Alors que la menace des missiles balistiques ne cesse de croître, les drones sont également déployés à une échelle toujours plus vaste et à des coûts comparativement dérisoires, souvent comme simple matériel jetable.
L’orientation actuelle de la défense aérienne suisse se concentre principalement sur la protection ponctuelle de l’espace aérien par des avions de combat. Une défense antiaérienne au sol couvrant l’ensemble du territoire fait en revanche largement défaut, une lacune sécuritaire qui comporte des risques majeurs. Outre le projet en cours « Bodluv GR », des fonds supplémentaires doivent par conséquent être débloqués pour garantir une défense sol-air moderne et mobile.
Les Jeunes Libéraux-Radicaux exigent un « Dôme de fer » pour la Suisse, un bouclier protecteur capable de défendre efficacement tant les régions densément peuplées que les infrastructures critiques contre les menaces actuelles. Parallèlement, l’armée doit être davantage orientée vers les exigences d’un conflit impliquant des drones. Cela requiert une instruction ciblée, un équipement spécialisé, ainsi qu’un entraînement régulier et pratique de la troupe.
Situation spatiale : plus de Suisse en orbite
Les forces armées modernes dépendent des satellites, que ce soit pour la communication, la reconnaissance ou la navigation. Actuellement, la Suisse ne possède aucun satellite militaire en propre et dépend de systèmes étrangers ou de fournisseurs commerciaux. Cette dépendance comporte des risques majeurs en cas de crise.
Outre l’établissement d’une cartographie de la situation spatiale, les Jeunes Libéraux-Radicaux exigent la mise en place d’une infrastructure spatiale suisse dédiée à la défense nationale et à la gestion des catastrophes. Celle-ci doit inclure le développement d’une capacité de reconnaissance par satellite permettant une évaluation autonome de la situation, ainsi qu’une infrastructure de communication indépendante.
Oui à l'obligation de servir pour tous
Alors que la Constitution et la loi obligent les hommes suisses à accomplir un service militaire, celui-ci n’est que facultatif pour les femmes, un vestige anachronique d’inégalité de traitement par l’État. Quiconque prend l’égalité au sérieux doit également l’exiger lorsqu’il s’agit de servir la collectivité.
Afin de faire franchir un cap décisif à l’égalité des sexes, nous exigeons l’introduction d’une obligation générale de servir, indépendante du genre. Cette obligation générale doit garantir à long terme les effectifs de l’armée et ceux de la protection civile. Le nombre de femmes et d’hommes recrutés chaque année devra s’aligner sur les besoins réels de ces organisations. Par conséquent, toutes les personnes non recrutées devront s’acquitter de la taxe d’exemption.
Stop à l'érosion de l'obligation de servir : le service civil a fait son temps
Le service civil est progressivement passé d’une disposition d’exception pour les objecteurs de conscience à une stratégie largement répandue de contournement du service militaire prévu par la Constitution. Cette dynamique menace les effectifs de l’armée et de la protection civile, et sape l’obligation générale de servir ancrée dans le droit constitutionnel. Une obligation de servir qui peut être éludée à volonté perd toute sa signification normative et fonctionnelle.
Simultanément, le service civil provoque de plus en plus de distorsions sur le marché du travail, et ce avec la légitimation de l’État. Dans des secteurs tels que les soins, le domaine social et l’agriculture, il remplace la main-d’œuvre régulière, particulièrement dans les emplois à bas salaires. Cela détruit des postes, tire les salaires vers le bas et entrave les investissements à long terme dans un personnel qualifié.
Dans ce contexte, les Jeunes Libéraux-Radicaux exigent une suppression progressive, mais ferme, du service civil. Quiconque est apte au service, tant physiquement que psychologiquement, doit apporter sa contribution dans le cadre du service militaire. Si l’aptitude au service armé n’est pas avérée pour des raisons physiques, psychologiques ou éthiques, le service devra alors être accompli au sein de la protection civile. Si ce service s’avère lui aussi impossible, la taxe d’exemption devra être acquittée.
Fin du contournement de l'obligation de servir pour les personnes naturalisées sur le tard
Les hommes de nationalité suisse qui ne peuvent accomplir leur service militaire doivent s’acquitter chaque année d’une taxe d’exemption s’élevant à 3 % de leur revenu imposable. Les ressortissants étrangers en sont exemptés. Une naturalisation tardive permet ainsi de minimiser ou de contourner cette contribution à la sécurité nationale exigée des Suisses, ce qui représente une profonde injustice.
Cette faille doit être comblée. Une naturalisation retardée ne doit plus servir à éluder l’obligation de servir ou le paiement de la taxe d’exemption qui en découle. Le nombre d’années de contribution à verser devra donc être calculé en fonction de la période comprise entre le moment où la personne naturalisée aurait rempli les conditions de naturalisation et l’âge de 37 ans révolus. Toutefois, la durée d’assujettissement s’élèvera à un maximum de onze ans, par analogie avec la réglementation applicable aux citoyens suisses. Conformément à la revendication d’une obligation de servir pour tous, cette nouvelle réglementation de la taxe d’exemption pour les personnes naturalisées devra s’appliquer de la même manière aux femmes. À condition qu’un service de remplacement véritablement comparable ait été accompli pour un autre État, celui-ci pourra être pris en compte en conséquence.
Protection civile : du service d'assistance à la protection en cas de catastrophe
La pandémie de coronavirus et divers événements naturels ont récemment mis en lumière la vulnérabilité de la Suisse. Un regard sur les conflits modernes démontre en outre l’importance cruciale de la protection civile dans le cadre d’affrontements militaires.
À l’heure actuelle, la protection civile suisse est malheureusement insuffisamment préparée à de telles situations. Outre les problèmes de recrutement et le manque de ressources financières et matérielles, l’orientation fondamentale de la protection civile est, elle aussi, inadéquate. Dans de nombreuses régions, elle fait principalement office d’organisation de soutien pour des événements sportifs ou d’autres « services à la collectivité », au lieu de s’imposer comme une véritable organisation de crise résiliente. Cet état de fait doit être corrigé.
La protection civile doit évoluer pour devenir une organisation percutante et opérationnelle. Pour résoudre la pénurie d’effectifs, il convient de mettre en place, dès le recrutement, une planification cohérente et globale du personnel en collaboration avec l’armée, en privilégiant les affectations intercantonales lorsque cela s’avère objectivement justifié. Afin de garantir l’état de préparation opérationnelle, les membres de la protection civile devront accomplir au moins deux semaines de cours de répétition (CR) par an. La structure intrinsèquement décentralisée de la protection civile doit être maintenue afin de répondre au mieux aux menaces locales. En parallèle, les éléments centraux doivent être consolidés : un système d’acquisition national doit être créé, prévoyant un équipement uniforme lorsque cela est pertinent. Cela permettra non seulement de réaliser des économies d’échelle, mais aussi de faciliter la collaboration intercantonale et d’assurer une couverture opérationnelle efficace, notamment lors d’événements de grande ampleur.
Organisations à feux bleus : soutenir les protecteurs
Outre l’armée et la protection de la population, les organisations à feux bleus jouent un rôle fondamental au sein d’un système de sécurité global. La Suisse fait face à des menaces de plus en plus complexes, allant des catastrophes naturelles aux cyberattaques, en passant par le terrorisme et les menaces hybrides. Pour garantir une structure de sécurité résiliente, des exercices interrégionaux et réalistes doivent être régulièrement organisés avec toutes les organisations partenaires.
Les Jeunes Libéraux-Radicaux Suisse condamnent la multiplication des attaques à motivation politique visant la capacité d’intervention des organisations à feux bleus. Pour mener à bien leurs missions de manière fiable, ces organisations civiles méritent, elles aussi, une véritable considération politique. Les chimères consistant à réclamer le désarmement de la police méconnaissent totalement l’environnement de travail de plus en plus hostile des forces de protection et de sauvetage. Le constat est clair : les agressions contre les forces de l’ordre et de secours dans l’espace public sont en hausse. C’est pourquoi la politique institutionnelle devrait s’abstenir de remettre en question, à la légère, les moyens d’intervention essentiels des organisations à feux bleus, et s’employer plutôt à témoigner le respect qui fait si souvent défaut à l’égard de nos forces d’intervention.
Ce n’est qu’en leur fournissant les moyens matériels et humains nécessaires que les organisations à feux bleus pourront pleinement assumer leur rôle de piliers de l’architecture de sécurité, car, aux côtés de l’armée et de la protection civile, elles constituent la véritable épine dorsale d’une Suisse sûre.
Nos revendications
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Le budget de la défense doit être augmenté à 2 % du PIB.
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La défense sol-air doit être renforcée, un « Dôme de fer » pour la Suisse.
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Une cartographie de la situation spatiale, plus de Suisse en orbite.
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L’obligation de servir pour tous.
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Un coup d’arrêt à l’érosion de l’obligation de servir, le service civil a fait son temps.
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La fin du contournement de l’obligation de servir pour les personnes naturalisées sur le tard.
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Protection civile, le service d’assistance doit évoluer vers la protection en cas de catastrophe.
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Les organisations à feux bleus doivent être renforcées.