Presse
Communiqué de presse 24.03.2022

Les affirmations farfelues du lobby du cinéma démenties

Le lobby du cinéma tient aujourd’hui sa conférence de presse en vue de la votation sur la loi sur le cinéma le 15 mai 2022. Par le passé, il a fait des affirmations farfelues. Nous prenons aujourd’hui position sur trois aspects – taxe sur les films, le quota de films, les chaînes privées et le financement.

Taxe sur les films :

Le lobby du cinéma se réfère aux pays européens voisins pour justifier la nouvelle taxe ou l’obligation d’investissement d’ «au moins 4%» à la charge des fournisseurs de streaming nationaux et étrangers. En effet, il existe de nombreux pays en Europe et dans le reste du monde ne connaissent pas de taxe sur les films ou d’obligation d’investissement, comme l’Autriche, l’Angleterre, la Suède, la Norvège, etc. Par ailleurs, de nombreux autres pays européens appliquent une taxe beaucoup moins élevée que la Suisse. Le taux moyen en Europe est d’environ 2% – donc bien inférieur à «au moins 4% ». Enfin, il est évident que nous, les consommateurs, devrons passer à la caisse – au moins en partie – pour les nouveaux coûts engendrés par l’impôt sur le cinéma (20 à 30 millions de francs par an).

Le quota :

Le lobby du cinéma prétend que le quota de films de l’UE garantit la diversité de l’offre. C’est une contre-vérité, car dans son argumentaire précédent, le lobby du cinéma ne cachait pas ce qu’il recherchait en réalité avec les quotas de films :  » Le quota de 30% […] nous protège d’un torrent de productions américaines qui noie notre marché ». Depuis, cette phrase a été discrètement supprimée. Par ailleurs, le lobby du cinéma a oublié que les films d’un seul pays européen suffisent à remplir cette exigence de l’UE. La diversité culturelle invoquée reste donc une fausse promesse ! En outre, le quota de films européens n’est pas contraignant pour la Suisse. De plus, la participation au projet Creative Europe ne dépend pas uniquement du quota. Selon les informations de l’OFC, il faudrait en outre une instance de surveillance indépendante pour le cinéma. Cela signifie également plus de bureaucratie inutile. En prévision de la faible demande, les œuvres européennes doivent être « spécialement marquées et faciles à trouver » par les acteurs concernés. C’est donc désormais l’Etat qui dicte ce que nous, consommateurs, devons voir. A cela s’ajoutent – outre la menace d’une amende pour non-respect du quota – des « obligations d’enregistrement, de rapport et de déclaration ».

Chaînes TV :

Le lobby du cinéma prétend que les chaînes privées suisses ne sont pas concernées par le projet. Cette affirmation est fausse. Jusqu’à présent, les chaînes privées suisses étaient tenues – par la LRTV – d’investir 4% de leur chiffre d’affaires annuel dans le cinéma suisse. Elles pouvaient s’acquitter de cette obligation en faisant de la publicité pour le cinéma. A l’avenir, cela ne sera plus possible que de manière très limitée. Les chaînes privées suisses sont donc désormais obligées de verser beaucoup d’argent aux cinéastes suisses. Cela met en péril des emplois et prive les productions propres des chaînes concernées de l’argent nécessaire aux investissements.

Aides financières à la production cinématographique :

Le lobby du cinéma prétend qu’il reçoit moins de 80 millions de francs par an de sources publiques à des fins d’aide à la production. C’est faux : selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique pour l’année 2019 (derniers chiffres disponibles), le cinéma suisse est subventionné à hauteur de bien plus de 120 millions de francs par an. La Confédération, les cantons et les communes subventionnent donc à eux seuls le cinéma suisse à hauteur de plus de 80 millions de francs par an. A cela s’ajoute la SSR, qui soutient le cinéma suisse à hauteur de 50 millions de francs par an.

Pour Alec von Barnekow, vice-président des Jeunes Libéraux-Radicaux Suisse, le constat est sans appel : « La nouvelle loi sur le cinéma est un échec total. Seul le lobby du cinéma en profite – nous, les consommateurs, sommes perdants à cause de cette nouvelle taxe et du quota de films européens. De plus, les chaînes TV suisses seront les victimes de cette injustice. »