Lors de l’Assemblée des délégués des Jeunes Libéraux-Radicaux Suisse à Zurich, le parti a pris position sur les accords avec l’UE, notamment sur la question de la double majorité du peuple et des cantons, et a rejeté l’initiative pour une Suisse à 10 millions.
Accords avec l’UE : Les Jeunes Libéraux-Radicaux adoptent des exigences à l’attention du Parlement et jugent la majorité des cantons comme une nécessité politique.
Pour les Jeunes Libéraux-Radicaux, il est indéniablement positif de constater que le paquet de stabilisation et de développement des relations Suisse–UE, soit les nouveaux accords avec l’UE, approfondit les relations économiques avec le principal partenaire commercial de la Suisse et permet de garantir à long terme l’accès au marché intérieur européen et à ses millions de consommateurs. De plus, les Jeunes Libéraux-Radicaux sont favorables à l’actualisation de l’ARM (Accord de reconnaissance mutuelle) qui renforce la sécurité juridique, au nouvel accord sur l’électricité qui augmente la sécurité de l’approvisionnement, ainsi qu’aux programmes de recherche et d’innovation de l’UE qui favorisent la mise en réseau et le transfert de technologie. Cependant, les Jeunes Libéraux-Radicaux jugent le paquet de manière critique sur des points centraux : la démocratie directe est sous pression ; la position de la Suisse dans la procédure de règlement des différends est insatisfaisante ; la clause de sauvegarde s’avère être une promesse politique sans effet substantiel ; la reprise partielle de la directive sur la citoyenneté européenne risque de créer des incitations négatives supplémentaires à l’immigration dans l’État social ; les coûts globaux sont insuffisamment présentés ; et le compromis avec les syndicats concernant la protection des salaires a été acheté trop cher.Dans ce contexte, les Jeunes Libéraux-Radicaux exigent pour le processus parlementaire :
- L’introduction de mesures compensant efficacement la suppression des processus de participation suisses (par ex. la procédure de consultation) lors de l’élaboration du droit par Bruxelles ou de la reprise dynamique du droit, afin que la participation des groupes marginaux, des jeunes partis et d’autres acteurs de la société civile disposant de ressources limitées reste garantie dans le processus de décision politique.
- L’introduction d’une clause de sauvegarde réellement efficace pour une gestion autonome de la migration.
- Le rejet de la 14e mesure de politique intérieure du Conseil fédéral sur la protection des salaires. Une protection étendue contre le licenciement pour les représentants des travailleurs est étrangère au sujet, mine l’accord des partenaires sociaux et crée des droits spéciaux inutiles. La protection des salaires ne doit pas servir de prétexte à plus de bureaucratie et à des interventions dans la liberté d’entreprise.
- Pas d’assouplissement du quorum pour les CCT (mesure 12 des partenaires sociaux sur la protection des salaires). Il ne doit pas suffire que quelques grandes entreprises dictent des règles contraignantes pour des branches entières. Cela mine la liberté contractuelle, fausse la concurrence et affaiblit le marché du travail libéral, qui est central pour la Suisse.
- Un état des lieux honnête sur les coûts indirects et les conséquences bureaucratiques des accords pour la Confédération, les cantons et les communes.
- La garantie qu’aucun nouveau personnel administratif ne devra être engagé à tous les échelons pour la mise en œuvre potentielle des accords.
Au vu de tous les aspects, il est clair que les accords avec l’UE constituent une réorganisation profonde et fondamentale des relations entre la Suisse et l’UE. Jonas Lüthy, président des Jeunes Libéraux-Radicaux, déclare à ce sujet : « Les accords modifient substantiellement notre ordre juridique et interviennent dans notre mécanique politique. C’est pourquoi les Jeunes Libéraux-Radicaux se prononcent pour que le paquet soit soumis à la majorité des cantons. C’est politiquement impératif, au minimum, pour garantir la légitimité démocratique d’une telle intervention.
Avec l’initiative pour une Suisse à 10 millions, la Suisse devient une cible principale pour l’asile
Jonas Lüthy, président des Jeunes Libéraux-Radicaux Suisse, précise : « Si l’initiative pour une Suisse à 10 millions était acceptée, cela aurait paradoxalement pour conséquence que l’UDC déclencherait justement un effondrement du système d’asile. Sans le système de Dublin, des dizaines de milliers de migrants illégaux, dont les demandes d’asile ont déjà été rejetées dans d’autres États européens, pourraient déposer une nouvelle demande en Suisse. La Suisse deviendrait en très peu de temps une cible principale pour l’asile. » L’initiative pour une Suisse à 10 millions aurait également des conséquences graves pour la police. Sans accès au Système d’information Schengen, nos policières et policiers sont aveugles. Finalement, il apparaît que l’initiative pour une Suisse à 10 millions présentée par l’UDC représente une menace sérieuse pour la Suisse. C’est pourquoi les Jeunes Libéraux-Radicaux s’y opposent. »